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Bernard Magrez et ses instruments d'époque

Article de LesEchos.fr : 

Bernard Magrez et ses instruments d'époque

"La violoncelliste Camille Thomas fait partie des « protégés » de Bernard Magrez. - Photo Uwe Arens Le chef d'entreprise à la tête de 41 domaines viticoles a acheté 4 « trésors mondiaux » qu'il confie à de jeunes artistes talentueux. Ce n'est pas tous les jours qu'un mécène jette son dévolu sur des instruments de musique anciens. Généralement, il s'agit de banques ou de fonds de pension chinois. C'est pourtant le choix fait par le chef d'entreprise bordelais, Bernard Magrez, qui a fait fortune dans le vin et les spiritueux. Son domaine, Château Pape Clément, est le seul mécène de la musique classique à être propriétaire de quatre instruments réputés « trésors mondiaux » : un Stradivarius 1713, confié à l'artiste Nicolas Dautricourt ; un violon Nicolas Lupot de 1795, joué par Guillaume Chilemme ; un alto Cassini de 1660, prêté à Lise Berthaud ; et un violoncelle Fernando Gagliano de 1788 entre les mains de la soliste Camille Thomas. Bernard Magrez a surnommé ses protégés le « Quatuor Château Pape Clément », même si chaque musicien mène sa carrière en solo aux quatre coins du monde avec ces instruments qui peuvent valoir plusieurs millions aux enchères. « Je suis moi-même passionné par Mozart, et le temps était venu pour moi de promouvoir des artistes de talent, de leur donner des moyens pour accompagner leurs projets » , souligne Bernard Magrez. Ce dernier s'est fait aider dans ses choix d'artiste par le célèbre musicologue Alain Duault. Forts de ces instruments d'exception qui ont 200 ou 300 ans d'âge, ces jeunes prodiges peuvent viser l'excellence. « Ces instruments ont un mystère, ils vibrent depuis tant d'années. Nous sommes une poignée dans le monde à en bénéficier » , se félicite la violoncelliste Camille Thomas.

 

En contrepartie de ces trésors mis à disposition, les musiciens se produisent plusieurs fois par an à l'Institut culturel Bernard Magrez. Constitué sous la forme d'un fonds de dotation, ce lieu culturel a ouvert en 2011 à Bordeaux. Il favorise l'accès à l'art pour tous les publics à travers un programme d'expositions et facilite l'accès aux connaissances à l'occasion de ses « Nuits du savoir », qui font intervenir des personnalités comme Pierre Arditi, Michel Field, ou l'économiste Daniel Cohen. Il agit également en faveur de la création, en accueillant des artistes en résidence et en leur commandant des oeuvres. Concerts et dégustations L'Institut a pris place au château Labottière, un monument historique construit en 1775 dans un esprit néoclassique, entouré d'un jardin à la française souvent investi par les sculptures. Les concerts d'exception, qui y sont donnés par les musiciens du Quatuor Clément, sont précédés de dégustations des vins du propriétaire, lequel ne perd pas le sens des affaires. « J'ai à coeur de montrer qu'un lieu privé peut proposer des manifestations de qualité égale ou supérieure à des sites publics », poursuit Bernard Magrez. L'Institut, qui représente un budget de 300.000 à 400.000 euros par an, est fréquenté par 30.000 à 35.000 visiteurs par an, séduits par la diversité des formats et propositions : visites, brunchs, goûters, afterworks, cours du soir, ateliers... L'homme d'affaires est aussi un collectionneur d'art ancien, d'art religieux, d'art déco, d'art moderne et contemporain. Régulièrement, il expose sa collection, qui compte des artistes comme Daniel Buren, Xavier Veilhan, Andy Warhol, Agnès Varda, Fernand Léger, et bien d'autres. C'est le cas depuis le 9 novembre et jusqu'à la mi-février. Mais l'Institut a sa propre programmation, telle cette exposition consacrée à Baccarat l'été dernier, qui a séduit de nombreux touristes, ou cette grande vente aux enchères caritative organisée en septembre avec la maison Million. « Quand j'achète une oeuvre, je suis porté par une émotion, je n'ai pas de conseiller. Je me plais à rêver que cela procurera aussi une émotion à d'autres. Partager cela avec le public me paraît être un aboutissement » , précise cet autodidacte qui a aussi conduit sa vie professionnelle avec intuition, acquérant progressivement 41 domaines, dont 4 grands crus classés."

 

Article de LesEchos.fr 18/11/2016 par le journaliste Martine Robert.

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